Le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a dénoncé lundi à Ouagadougou, un acte de sabotage assimilable à un manque de patriotisme, perpétré par deux mécaniciens de la compagnie aérienne nationale Air Burkina. Ces derniers ont demandé une augmentation de salaire de 2 millions de francs CFA chacun et, ne l’ayant pas obtenue, ont présenté leur démission au lendemain de l’arrivée d’un nouvel avion de ladite compagnie aérienne.
« Nous avons tous suivi les démarches qui ont été faites pour acquérir un nouvel avion. Et j’ai été obligé de recevoir la semaine dernière deux mécaniciens de la compagnie, qui, dès l’arrivée de l’avion le 2 septembre, ont déposé leurs demandes de démission le 3. L’un a déposé sa demande pour une date d’effet au 4, et l’autre a fait de même pour une date d’effet au 31 octobre. La raison ? Ils réclament une augmentation de salaire de plus de 2 millions. C’est du sabotage. Et je pense que c’est un grave manque de patriotisme », a dénoncé le capitaine Ibrahim Traoré.
Le capitaine Ib
rahim Traoré s’est adressé lundi au personnel de la présidence du Faso, dans un message diffusé au journal de 20 heures de la télévision nationale.
Selon le capitaine, le conseil d’administration a tenté en vain de raisonner les manifestants. On leur a même proposé une augmentation de 400 000 francs CFA, mais celle-ci a été refusée par les personnes concernées qui ont refusé de travailler.
« Un avion arrive le 2 et le 3, vous décidez de ne pas travailler. Nous avons été obligés de les recevoir et de leur faire comprendre qu’ils travailleront de gré ou de force. Nous ne leur demandons pas leur avis, nous n’allons pas négocier davantage », a-t-il dit. « Ils vont travailler et c’est ce qui se passe », a-t-il insisté.
Le chef de l’Etat a déploré le comportement de ces deux mécaniciens d’Air Burkina, alors que leurs collègues de l’armée de l’air, qui ne touchent pas de telles sommes, « se sacrifient jour et nuit pour que les avions volent, afin de soutenir les forces combattantes. Ils n’ont jamais demandé un se
ul franc de plus ».
Pour lui, ce genre de mentalité doit être combattue.
« C’est pourquoi j’ai dit que faire une révolution, c’est relever des défis. Et chaque jour, il y a des défis. »
« Et il en sera ainsi ! Tous ceux qui tenteront de saboter, nous prendrons les mesures qui s’imposent. De gré ou de force, ils accompliront leur devoir pour la patrie. Nous ne tolérerons plus certains comportements », a promis le capitaine Ibrahim Traoré.
Selon le chef de l’Etat, le temps de la sensibilisation est révolu.
Il a exhorté les Burkinabè à œuvrer pour le bien de « nos masses populaires ». Pour lui, le peuple burkinabè a trop souffert et continue de souffrir.
« A un moment donné, il faut que cela cesse. Les masses ont aussi le droit de connaître un peu de joie de vivre et de bénéficier des richesses du Burkina Faso. Il n’y a aucune raison que cela appartienne seulement à un petit groupe qui se permet de dilapider l’argent public », a-t-il conclu.
Source: Agence d’Information du Burkina